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#52843
13/10/13 - 18h59 : ZorglubLe Mal Armé a vaincu les ridicules héros de Troie !
#52842
13/10/13 - 18h59 : Zorglub
Qu'à cela ne tienne ! Le Guignon
Au-dessus du bétail ahuri des humains
Bondissaient en clartés les sauvages crinières
Des mendieurs d'azur le pied dans nos chemins.
Un noir vent sur leur marche éployé pour bannières
La flagellait de froid tel jusque dans la chair,
Qu'il y creusait aussi d'irritables ornières.
Toujours avec l'espoir de rencontrer la mer,
Ils voyageaient sans pain, sans bâtons et sans urnes,
Mordant au citron d'or de l'idéal amer.
La plupart râla dans les défilés nocturnes,
S'enivrant du bonheur de voir couler son sang,
Ô Mort le seul baiser aux bouches taciturnes !
Leur défaite, c'est par un ange très puissant
Debout à l'horizon dans le nu de son glaive :
Une pourpre se caille au sein reconnaissant.
Ils tètent la douleur comme ils tétaient le rêve
Et quand ils vont rythmant des pleurs voluptueux
Le peuple s'agenouille et leur mère se lève.
Ceux-là sont consolés, sûrs et majestueux ;
Mais traînent à leurs pas cent frères qu'on bafoue,
Dérisoires martyrs de hasards tortueux.
Le sel pareil des pleurs ronge leur douce joue,
Ils mangent de la cendre avec le même amour,
Mais vulgaire ou bouffon le destin qui les roue.
Ils pouvaient exciter aussi comme un tambour
La servile pitié des races à voix ternes,
Egaux de Prométhée à qui manque un vautour !
Non, vils et fréquentant les déserts sans citerne,
Ils courent sous le fouet d'un monarque rageur,
Le Guignon, dont le rire inouï les prosterne.
Amants, il saute en croupe à trois, le partageur !
Puis le torrent franchi, vous plonge en une mare
Et laisse un bloc boueux du blanc couple nageur.
Grâce à lui, si l'un souffle à son buccin bizarre,
Des enfants nous tordront en un rire obstiné
Qui, le poing à leur cul, singeront sa fanfare.
Grâce à lui, si l'une orne à point un sein fané
Par une rose qui nubile le rallume,
De la bave luira sur son bouquet damné.
Et ce squelette nain, coiffé d'un feutre à plume
Et botté, dont l'aisselle a pour poils vrais des vers,
Est pour eux l'infini de la vaste amertume.
Vexés ne vont-ils pas provoquer le pervers,
Leur rapière grinçant suit le rayon de lune
Qui neige en sa carcasse et qui passe au travers.
Désolés sans l'orgueil qui sacre l'infortune,
Et tristes de venger leurs os de coups de bec,
Ils convoitent la haine, au lieu de la rancune.
Ils sont l'amusement des racleurs de rebec,
Des marmots, des putains et de la vieille engeance
Des loqueteux dansant quand le broc est à sec.
Les poètes bons pour l'aumône ou la vengeance,
Ne connaissant le mal de ces dieux effacés,
Les disent ennuyeux et sans intelligence.
« Ils peuvent fuir ayant de chaque exploit assez,
Comme un vierge cheval écume de tempête
Plutôt que de partir en galops cuirassés.
Nous soûlerons d'encens le vainqueur dans la fête :
Mais eux, pourquoi n'endosser pas, ces baladins,
D'écarlate haillon hurlant que l'on s'arrête ! »
Quand en face tous leur ont craché les dédains,
Nuls et la barbe à mots bas priant le tonnerre,
Ces héros excédés de malaises badins
Vont ridiculement se pendre au réverbère.
#52841
13/10/13 - 18h52 : ZorglubMénélas sévissant toujours, ce sonnet parfois dit sonnet allégorique de lui-même ou sonnet en ixe et en or et dont je reconnais qu'il n'est pas le plus facile, surtout avec le TLF en vrac.
Ses purs ongles très-haut dédiant leur onyx,
L'Angoisse, ce minuit, soutient, lampadophore,
Maint rêve vespéral brûlé par le Phénix
Que ne recueille pas de cinéraire amphore
Sur les crédences, au salon vide : nul ptyx,
Aboli bibelot d'inanité sonore,
(Car le Maître est allé puiser des pleurs au Styx
Avec ce seul objet dont le Néant s'honore.)
Mais proche la croisée au nord vacante, un or
Agonise selon peut-être le décor
Des licornes ruant du feu contre une nixe,
Elle, défunte nue en le miroir, encor
Que, dans l'oubli fermé par le cadre, se fixe
De scintillations sitôt le septuor.
#52840
13/10/13 - 18h50 : Zorglub
Mallarmé, on continue.
Las de l'amer repos où ma paresse offense
Une gloire pour qui jadis j'ai fui l'enfance
Adorable des bois de roses sous l'azur
Naturel, et plus las sept fois du pacte dur
De creuser par veillée une fosse nouvelle
Dans le terrain avare et froid de ma cervelle,
Fossoyeur sans pitié pour la stérilité,
- Que dire à cette Aurore, ô Rêves, visité
Par les roses, quand, peur de ses roses livides,
Le vaste cimetière unira les trous vides ? -
Je veux délaisser l'Art vorace d'un pays
Cruel, et, souriant aux reproches vieillis
Que me font mes amis, le passé, le génie,
Et ma lampe qui sait pourtant mon agonie,
Imiter le Chinois au coeur limpide et fin
De qui l'extase pure est de peindre la fin
Sur ses tasses de neige à la lune ravie
D'une bizarre fleur qui parfume sa vie
Transparente, la fleur qu'il a sentie, enfant,
Au filigrane bleu de l'âme se greffant.
Et, la mort telle avec le seul rêve du sage,
Serein, je vais choisir un jeune paysage
Que je peindrais encor sur les tasses, distrait.
Une ligne d'azur mince et pâle serait
Un lac, parmi le ciel de porcelaine nue,
Un clair croissant perdu par une blanche nue
Trempe sa corne calme en la glace des eaux,
Non loin de trois grands cils d'émeraude, roseaux.
Ces quatre vers
et plus las sept fois du pacte dur
De creuser par veillée une fosse nouvelle
Dans le terrain avare et froid de ma cervelle,
Fossoyeur sans pitié pour la stérilité
me servent d'antienne depuis...
#52839
13/10/13 - 18h48 : ZorglubMallarmé (encore)
Le Pitre Châtié
Yeux, lacs avec ma simple ivresse de renaître
Autre que l’histrion qui du geste évoquais
Comme plume la suie ignoble des quinquets,
J’ai troué dans le mur de toile une fenêtre.
De ma jambe et des bras limpide nageur traître,
À bonds multipliés, reniant le mauvais
Hamlet ! c’est comme si dans l’onde j’innovais
Mille sépulcres pour y vierge disparaître.
Hilare or de cymbale à des poings irrité,
Tout à coup le soleil frappe la nudité
Qui pure s’exhala de ma fraîcheur de nacre.,
Rance nuit de la peau quand sur moi vous passiez,
Ne sachant pas, ingrat ! que c’était tout mon sacre,
Ce fard noyé dans l’eau perfide des glaciers.
#52838
13/10/13 - 18h47 : Zorglubje peux plus virer l'autostart j'ai déjà atteint la dose prescrite.
Aux grands maux, les grands remèdes.
Mallarmé (suite) :
Le vierge, le vivace et le bel aujourd'hui
Va-t-il nous déchirer avec un coup d'aile ivre
Ce lac dur oublié que hante sous le givre
Le transparent glacier des vols qui n'ont pas fui !
Un cygne d'autrefois se souvient que c'est lui
Magnifique mais qui sans espoir se délivre
Pour n'avoir pas chanté la région où vivre
Quand du stérile hiver a resplendi l'ennui.
Tout son col secouera cette blanche agonie
Par l'espace infligée à l'oiseau qui le nie,
Mais non l'horreur du sol où le plumage est pris.
Fantôme qu'à ce lieu son pur éclat assigne,
Il s'immobilise au songe froid de mépris
Que vêt parmi l'exil inutile le Cygne.
#52837
13/10/13 - 18h46 : ZorglubSi j'ai bien compris, c'est l'histoire d'un mec qui se cherche des excuses pour plaquer sa gonzesse alors qu'il vient juste de lui faire un gosse.
Il veut surtout se flinguer.
#52836
13/10/13 - 18h24 : Lau> En même temps il a l'air de se faire méga-ièch.
Il n'a qu'à torcher le gosse : ça l'occupera !
J'avoue que le texte risque d'y perdre en poésie :
"Il a la gastro, hélas ! et j'ai utilisé toutes les lingettes.
Courir ! A la supérette courir ! Je sais que les étagères sont pleines
de coton, d'eau nettoyante ou les deux ! "
Dans tous les cas, le titre ne sera pas "brise marine" ... 
#52835
13/10/13 - 16h17 : xsfredplaquer sa gonzesse
En même temps il a l'air de se faire méga-ièch.
Au passage il y a à peu près un "texte" rap sur trois qui évoque le départ. les deux autres c'est nique ta mère et faque la police
PS : je peux plus virer l'autostart j'ai déjà atteint la dose prescrite.
Brise marine
#52834
13/10/13 - 14h39 : LauPlus accessible certes, mais pas franchement enthousiasmant ! Si j'ai bien compris, c'est l'histoire d'un mec qui se cherche des excuses pour plaquer sa gonzesse alors qu'il vient juste de lui faire un gosse. 
#52833
13/10/13 - 13h52 : ZorglubMallarmé a aussi écrit des textes plus accessibles, tels le grand classique Brise Marine :
La chair est triste, hélas ! et j'ai lu tous les livres.
Fuir ! là-bas fuir ! Je sens que des oiseaux sont ivres
D'être parmi l'écume inconnue et les cieux !
Rien, ni les vieux jardins reflétés par les yeux
Ne retiendra ce coeur qui dans la mer se trempe
O nuits ! ni la clarté déserte de ma lampe
Sur le vide papier que la blancheur défend
Et ni la jeune femme allaitant son enfant.
Je partirai ! Steamer balançant ta mâture,
Lève l'ancre pour une exotique nature !
Un Ennui, désolé par les cruels espoirs,
Croit encore à l'adieu suprême des mouchoirs !
Et, peut-être, les mâts, invitant les orages
Sont-ils de ceux qu'un vent penche sur les naufrages
Perdus, sans mâts, sans mâts, ni fertiles îlots...
Mais, ô mon coeur, entends le chant des matelots !
PS : l'autostart c'est le mal !
Mallarmé
#52832
13/10/13 - 13h29 : LauMerci pour les explications : intéressant même si je reste assez hermétique à ce genre de prose poésie texte.
mais j'ai passé 7 ans dans un lycée-collège portant le nom de cet auteur sans jamais étudier un de ses textes. Aujourd'hui je comprends pourquoi et je remercie mes enseignants.
#52831
13/10/13 - 13h28 : MStaprème j'ai abolition de l'A6.
#52830
13/10/13 - 12h30 : ZorglubYena dés, qui, à défaut d'abolir le hasard, vont polir les trottoirs staprem' ?
#52829
13/10/13 - 11h55 : Zorglubla complexité de l'engin
Et dire que d'aucuns faisaient des commentaires désobligeants sur Mallarmé...
#52828
13/10/13 - 08h45 : steph> petite visite de la navette
Le cockpit (impressionnant) résume à lui seul la complexité de l'engin.
J'adore l'horizon artificiel.
#52827
13/10/13 - 08h38 : steph> Ca reste un jeu grave de littéraires
C'est donc pour cette raison que je n'y comprends strictement rien.
Mais je salue la performance htmlesque.
#52826
13/10/13 - 08h38 : Zorglubspirale d'Ulam
Ça permet de faire de plus jolis dessins
Je serais tenté de dire que c'est plus lisible que le .pdf
Je suis très sensible au compliment.
cryptique
C'est tout l'intérêt de ce texte et, une fois ouverte la boîte de Pandore, on ne peut être qu'entraîné à poursuivre : et si je faisais des réagencements tenant compte des quelques majuscules ("La lucide", "Choit la plume"...) ? Et si je tentais l'ajout d'une ponctuation ?...
Mallarmé est le seul auteur que je connaisse capable de résister à un programme de khâgne.
PS : c'est moi ou le site du TLF est en vrac ?
#52825
13/10/13 - 00h08 : xsfredbrut de décoffrage
Je serais tenté de dire que c'est plus lisible que le .pdf. On est vite tenté de lire les phrases classées par taille de police, par exemple. Ca reste un jeu grave de littéraires, c'est pour te venger le la spirale d'Ulam ?
#52824
13/10/13 - 00h03 : xsfredmâle armé
L'article est intéressant, mais n'explique pas des masses.
Vous ne refuserez pas une petite visite de la navette ?
Z
#52823
12/10/13 - 23h09 : M
#52822
12/10/13 - 21h33 : ZorglubLes caractères n'ont pas tous la même taille et, la plupart du temps au moins, les mots écrits dans une même taille de caractère forment des touts signifiants.
Le niveau 1 correspond à la plus grande taille de caractères et si tu masques tous les autres, tu verras s'afficher uniquement la phrase centrale : un coup de dés jamais n'abolira le hasard.
Le reste est à l'avenant.
Reste que j'ai eu un doute sur la fin : les cases à cocher doivent-elles commander l'affichage du texte ou, comme je l'ai fait spontanément, son masquage ? Le cas échéant, ce n'est pas très difficile à modifier.
#52821
12/10/13 - 21h17 : Lau> Un Coup de dés.
Le texte apparait et disparait bien à la demande, mais je n'ai toujours pas compris l'utilité de la chose ni la notion de niveaux. 
#52820
12/10/13 - 20h57 : ZorglubEn avant première, tout juste sorti d'usine et encore un peu brut de décoffrage : Un Coup de dés...
Vous me direz s'il y a des choses à revoir, ou plutôt me confirmerez qu'il y en a, mais je suis quand même très fière de moi.
Mythologie grecque et Ulysse 31
#52819
12/10/13 - 20h21 : LauL'un n'empêche pas l'autre : les deux ont bercé mon enfance. 
#52818
12/10/13 - 20h07 : stephRappelons à XS que l'autostart, c'est mal.
Ma culture de la mythologie grecque s'arrête à Ulysse 31.
#52817
12/10/13 - 18h35 : Lau> Bouillant Achille
Un zeste de culpabilité aussi peut-être : il me semble que Patrocle était parti combattre à sa place.
#52816
12/10/13 - 15h44 : xsfred
bouillant Achille
Le sous-titre de l'Iliade est La Colère d'Achille. Ce dernier, de loin le plus grand guerrier Grec, s'était retiré sous sa tente car il ne pouvait encadrer ni Agamemnon, ni ses manières de petit chef. Ce dernier, peu certain de son autorité, avait brûlé ses vaisseaux pour être sûr que les Grecs ne puissent repartir avant d'avoir vaincu Troie.
Là où on se demande si Homère a fait un tour par Hollywood avant de se mettre à écrire, c'est quand Patrocle est tué par Hector. Agamemnon a-t-il aidé Hector à le tuer ? Est-ce le destin, plus puissant que les Dieux, qui au contraire a décidé la perte de Troie ? Rien n'aurait été possible sans la mort de cet innocent. Et d'ailleurs, qui est Patrocle ? Son ami, son frère, son amant ? Homère ne répond pas et utilise l'arme ultime de l'écrivain, le flou riche qui laisse au lecteur à créer l'histoire en croyant qu'il la lit.
S'il y a un moment à conserver du film Troie, c'est le regard d'Achille-Brad Pitt quand il va égorger Hector. Venge-t-il son ami ? Non, il venge son double, son clone, il se venge de sa propre mort. Plus tard, sorti du Cheval de Troie, il mourra de la flèche rapide de Pâris, guidée par Apollon, car un héros ne saurait mourir de la main d'un homme. Achille, c'est Alain Delon, Chuck Norris et Patrick Dupond. Nous sommes des enfants d'Homère.

#52815
12/10/13 - 13h38 : stephEdith est une secrétaire à l'ancienne qui ne sert pas le café et ignore les rudiments d'Ajax.
#52814
12/10/13 - 12h29 : ZorglubJe sais que c'est très très mal mais je voudrais pouvoir enregistrer la vidéo de cette page
Même avec l'adresse du fichier (http://www.dailymotion.com/swf/video/x7zxbq) je n'y arrive pas, ni en passant par VLC, ni en fouillant dans le cache de FF.
Edith : laissez tomber, j'ai trouvé. Avec IE, que je devrais utiliser plus souvent, il suffit d'un clic droit sur la vidéo.
Belleville
Je connaissais sans doute "Trotski tue le ski" mais je l'avais oublié.
Ajax et Edith sont dans un bateau
Dans la mesure où j'ignore le codage d'Edith, savoir qu'il s'agit d'Ajax ne m'avance guère.
Pour m'en tenir à mes compétences, j'envisage un formulaire en html récupéré en php et exploité par le biais de commande du type : $_Post['toto'], si 'toto' = "oui", alors visibility: hidden pour les paragraphes class="toto".
PS pour XS : tu peux virer l'autostart de ta vidéo ? C'est un chouia agaçant.
